Tu es à la verticale du tombant, le sondeur affiche une boule de lançons à 35 mètres avec des arcs bien gras en dessous, et ta canne à bar de 2,40 m se plie en deux dès que tu descends un jig de 120 g. Tu connais la suite : le jig n’a aucune nervosité, tu ne sens pas le fond, tu rates les touches de lieu qui tapent à la remontée, et au bout d’une heure ton avant-bras te demande ce qu’il a fait pour mériter ça. Le jigging vertical en mer, ce n’est pas une variante de la pêche au lancer. C’est une discipline à part, et elle demande une canne à part.
Dans ce guide, je t’explique ce qui fait une vraie canne de jigging vertical, comment choisir sa puissance en fonction de la profondeur, du courant et des poissons que tu vises, et je compare les modèles du catalogue qui tiennent la route pour cette pêche, du premier prix sérieux à la canne haut de gamme. Si tu es pressé : pour débuter le jigging vertical sur le lieu et le bar en Atlantique et en Manche, la Westin W2 Jigging en version max 150 g est la réponse la plus simple et la moins chère. Pour les autres situations, lis la suite.

Sommaire
- Pourquoi une canne à bar ne fait pas une canne de jigging
- Quelle puissance de canne pour quel jigging vertical ?
- Westin W2 Jigging : la canne dédiée au bon prix
- Westin W2 Powerstick : le compromis verticale et lancer
- Westin W8 Powerstick : le même programme, en carbone haut de gamme
- Ultimate Fishing Five Evo 7.0 H Tidal Spirit : la canne de bateau qui fait tout, jigs compris
- Et le slow jigging dans tout ça ?
- Mon verdict par profil
- Avis de la rédaction
- Quel moulinet et quelle ligne pour le jigging vertical ?
- Questions fréquentes sur la canne de jigging vertical
Pourquoi une canne à bar ne fait pas une canne de jigging
Tout part du geste. Au lancer, ta canne sert à propulser un leurre loin et à ramener en sentant ce qu’il fait. En jigging vertical, elle ne lance jamais : elle descend un jig au-dessus du bateau, puis elle lui imprime des impulsions sèches, en coup de poignet ou en grands coups d’épaule, pour faire bondir le métal au-dessus du fond. Entre deux coups, elle doit tenir le jig en tension et transmettre la touche qui arrive souvent à la descente, quand le jig retombe en papillonnant.
Une canne de jigging est donc courte, entre 1,80 m et 2 m en général, pour être animée sans fatigue et pour garder le poisson dans l’axe du bateau au combat. Elle est puissante dans le talon, pour ferrer à 40 mètres de fond et remonter un lieu de 5 kg qui plonge vers les cailloux, mais avec un scion qui reste assez vivant pour que le jig réponde au moindre mouvement. Et elle est indiquée en grammes maximum de jig, pas en plage de lancer, parce que ce qui compte est le poids que le blank peut faire bondir proprement, pas celui qu’il peut envoyer à 50 mètres.
Si tu pêches à la verticale en leurre souple avec des têtes de 30 à 60 g, tu es dans une zone grise : une canne à bar puissante en 20 à 60 g peut suffire, et je t’en parle plus bas avec les Powerstick. Mais dès que tu descends des jigs métalliques de 80 g et plus, ou que tu pêches des fonds de plus de 30 mètres avec du courant, la canne dédiée change tout.
Quelle puissance de canne pour quel jigging vertical ?
La règle de base est simple : le poids du jig dépend de la profondeur et du courant, et la puissance de la canne dépend du poids du jig. Sur des fonds de 15 à 30 mètres avec un courant modéré, des jigs de 60 à 120 g tiennent la verticale et suffisent pour le lieu, le bar et le maquereau. Entre 30 et 60 mètres, ou dès que le coefficient monte et que la dérive s’accélère, tu passes sur 120 à 200 g pour rester à l’aplomb. Au-delà, ou dans les veines de courant des raz et des chenaux, 200 à 250 g deviennent nécessaires, et c’est là que les cannes H prennent le relais.
Une canne annoncée max 150 g sera parfaite avec des jigs de 60 à 130 g et accepte un 150 g sans souffrir. Une max 200 g couvre 100 à 180 g confortablement. Une max 250 g commence vraiment à vivre à partir de 150 g. Prendre trop puissant pour ta pêche habituelle est l’erreur la plus courante : tu auras une canne raide qui ne te fera pas sentir les touches sur des jigs de 80 g. Prendre trop léger, c’est se retrouver avec un blank qui ne redresse pas le jig entre deux coups. Dans le doute, c’est ta profondeur moyenne de pêche qui tranche, pas ta profondeur maximale.
Côté poissons, en Atlantique et en Manche tu vises surtout le lieu jaune, le bar, le maquereau en été et parfois la morue plus au nord. En Méditerranée, ce sont la sériole, le denti, le pagre et, en été, les bonites et les pélamides. Ces poissons ne demandent pas la même réserve : un lieu de 70 cm sur un tombant demande moins qu’une sériole de 10 kg qui plonge sur une épave, et ton choix de canne doit en tenir compte.
Westin W2 Jigging : la canne dédiée au bon prix
C’est la seule canne du catalogue pensée exclusivement pour la verticale, et elle coche tout ce que je viens de décrire. Monobrin de 183 cm, déclinée en trois puissances annoncées en poids de jig maximum :
- M : max 150 g, 218 g
- MH : max 200 g, 241 g
- H : max 250 g, 254 g
Le blank est construit en carbone 30T et 24T, un mélange qui donne une canne vive sans être cassante, exactement ce qu’il faut pour un usage où le blank travaille en permanence et prend des coups contre le plat-bord. Le porte-moulinet est un Seaguide DPSM, un modèle à vis qui tient bien un moulinet 5000 ou 6000, les anneaux sont des Seaguide Tuxqlsg Gunsmoke adaptés à la tresse, la poignée est en EVA avec un accroche-leurre inox, et elle est livrée avec une housse. Le fabricant la destine aux jigs rapides, courts ou longs, et aux leurres souples lourds, avec en ligne de mire le lieu jaune, la morue, la sériole, la bonite, le snapper et le mérou.
Le modèle max 150 g est celui que je conseille à la grande majorité des pêcheurs de Manche et d’Atlantique. Lieu sur les tombants et les épaves entre 20 et 45 mètres, bar en verticale au jig ou au gros shad plombé, maquereau en été : il fait tout ça avec des jigs de 60 à 130 g, et sa relative légèreté te permet d’enchaîner les dérives sans fatigue. Le max 200 g est la version pour ceux qui pêchent régulièrement par 40 à 70 mètres ou dans des zones à fort courant, et pour les sorties sériole en Méditerranée où il faut descendre vite avec 150 à 180 g. Le max 250 g, lui, s’adresse aux fonds profonds, aux raz à gros coefficient et aux jigs de 200 g et plus. Si tu ne sais pas lequel prendre, c’est que tu n’as pas besoin du H.
Le fait que la canne soit monobrin de 183 cm mérite une remarque : c’est un vrai avantage pour la transmission et la solidité, parce qu’il n’y a pas d’emmanchement pour affaiblir le blank. En contrepartie, elle ne se démonte pas, donc vérifie qu’elle rentre dans ton véhicule ou dans le rangement du bateau. Pour la plupart des semi-rigides et des open, 1,83 m passe sans problème le long du vivier.
À environ 120 euros, c’est la canne de jigging la plus accessible que je connaisse avec des composants corrects. Tu peux comparer les trois puissances de la W2 Jigging sur la fiche détaillée.
Westin W2 Powerstick : le compromis verticale et lancer
Tu n’as pas envie d’une canne qui ne sert qu’à la verticale, parce que tu alternes dans la même sortie le jig sur l’épave et le lancer de leurres souples sur les chasses ? La W2 Powerstick est faite pour ce programme mixte. Elle existe en deux modèles en deux brins : 216 cm en 15 à 60 g et 251 cm en 10 à 50 g, pour 136 et 167 g respectivement. Même construction carbone 30T et 24T que la Jigging, mais avec un porte-moulinet Seaguide XVS et une géométrie pensée pour le lancer autant que pour la verticale, du bord comme en bateau. Le fabricant la positionne sur le tassergal, le barracuda, la bonite et la carangue, ce qui te donne une idée de sa réserve.

Soyons clairs : avec une plage de lancer de 15 à 60 g, ce n’est pas une canne pour descendre des jigs de 150 g. En revanche, pour la verticale légère, c’est-à-dire les jigs de 40 à 80 g par 10 à 25 mètres, les leurres souples en tête plombée de 30 à 60 g, la pêche à gratter sur les plateaux à lieu et à bar, elle est très cohérente. Et quand une chasse de bars explose à 40 mètres du bateau, tu lances dessus avec la même canne. Le modèle 216 cm en 15 à 60 g est celui qui se rapproche le plus d’une canne de verticale : court, puissant, avec un talon qui ferre loin. Le 251 cm en 10 à 50 g est plus orienté lancer et sert aussi du bord dans les roches.
Si ta pêche, c’est le bar et le lieu en bateau sur des fonds moyens, en verticale au shad une partie du temps et au lancer le reste, la Powerstick en 216 cm est une des meilleures cannes uniques du catalogue à ce prix. Si tu as besoin d’aller chercher des jigs de 100 g et plus, prends la Jigging. Voici la fiche de la W2 Powerstick avec les deux modèles.
Westin W8 Powerstick : le même programme, en carbone haut de gamme
La W8 Powerstick reprend le modèle 251 cm en 10 à 50 g de la W2, mais dans une construction radicalement supérieure : blank en fibres Toray T1100GC, T800 et M40JB, porte-moulinet Fuji DPS, anneaux Fuji SiC Gunsmoke, poignée EVA haut de gamme résistante au sel et aux UV, livrée dans une boîte avec housse néoprène et numérotée. Elle pèse 171 g et se démonte en deux brins avec un encombrement de 128 cm, ce qui est très pratique pour le bateau.
Ce que tu achètes en passant de 130 à 500 euros, ce n’est pas plus de puissance, c’est plus de sensibilité et moins de fatigue. Le carbone T1100 est beaucoup plus résistant à l’écrasement et plus léger à puissance égale, ce qui donne un blank plus fin, plus nerveux et qui transmet mieux la touche d’un lieu qui gobe le shad à la descente. Le fabricant la cite pour la verticale comme pour le lancer, en bateau comme du bord, sur le bar, le maigre, le tassergal, la bonite et la carangue. En Atlantique, c’est la canne de celui qui pêche le maigre et le gros bar en verticale au leurre souple sur les fosses d’estuaire et les épaves, et qui veut une canne qu’il gardera dix ans.
Mais je le dis franchement : si tu descends des jigs de 150 g toute la journée, la W8 Powerstick n’est pas ta canne, parce que sa plage s’arrête à 50 g au lancer et qu’elle est pensée pour la verticale légère et le lancer. Elle n’a de sens que si ton programme est mixte et que tu veux le meilleur. Pour les sorties lieu au jig lourd, la W2 Jigging à 120 euros fera mieux le travail qu’une W8 à 500. Voici la fiche de la W8 Powerstick.
Ultimate Fishing Five Evo 7.0 H Tidal Spirit : la canne de bateau qui fait tout, jigs compris
Dernière option, et elle est intéressante pour un profil bien précis. La Five Evo SP 7.0 H Tidal Spirit est une canne de 213 cm en deux brins, 160 g, annoncée max 50 g au lancer mais avec une réserve de puissance qui permet, d’après la fiche, de pousser jusqu’à 140 g en verticale. Elle est fabriquée au Japon, pensée pour les leurres souples et les jigs, en lancer-ramener comme en prospection verticale, et son encombrement de 176 cm facilite le transport.

C’est la canne du pêcheur en bateau qui ne veut qu’une seule canne à bord et qui pêche aussi bien le bar au lancer que le lieu en verticale au jig de 100 à 140 g. Sa longueur de 7 pieds est idéale pour garder le contrôle à la verticale quand la mer est formée, et sa sensibilité, mise en avant par le fabricant pour lire le relief et détecter les touches fines, est exactement ce qui manque aux cannes de jigging d’entrée de gamme. Autour de 400 euros, elle se place entre les Westin W2 et la W8, et elle est beaucoup plus polyvalente que cette dernière pour celui qui descend des jigs. Pour situer le niveau de finition, elle joue dans la même cour que les modèles que j’ai détaillés dans mon guide sur les cannes Tenryu pour le bar.
Voici la fiche de la Five Evo 7.0 H Tidal Spirit pour vérifier les caractéristiques publiées.
Et le slow jigging dans tout ça ?
Le slow jigging est une autre discipline, avec des jigs plats qui papillonnent à la descente et une canne très fine, très parabolique, qui fait travailler le jig au moindre tour de manivelle. Les cannes de jigging vertical dont je parle ici sont trop raides pour bien pratiquer le slow, et inversement une canne de slow est trop molle pour faire bondir un jig long de 150 g. Si c’est le slow qui t’intéresse, j’ai écrit un guide dédié sur le choix d’une canne de slow jigging, avec les modèles spinning et casting du catalogue.
Mon verdict par profil
Tu débutes le jigging vertical, tu pêches le lieu et le bar en Manche ou en Atlantique par 20 à 45 mètres : la W2 Jigging max 150 g. Point. C’est la canne la plus logique et la moins chère, et tu ne la regretteras pas.
Tu pêches profond, dans du courant, ou la sériole en Méditerranée : la W2 Jigging max 200 g, et la max 250 g seulement si tes jigs dépassent 180 g de manière habituelle.
Tu alternes verticale légère au leurre souple et lancer dans la même sortie, avec un budget serré : la W2 Powerstick en 216 cm en 15 à 60 g.
Même programme mixte, mais tu veux une canne d’exception pour le maigre et le gros bar en verticale au souple : la W8 Powerstick.
Tu veux une seule canne à bord capable de lancer et de descendre des jigs jusqu’à 140 g, avec une finition japonaise : la Five Evo 7.0 H Tidal Spirit.
Avis de la rédaction
Le jigging vertical est une des pêches où le matériel compte le plus, et paradoxalement une de celles où l’on peut s’équiper sérieusement pour le moins cher. Une W2 Jigging, un moulinet 5000 à frein correct et trois jigs de 100, 130 et 150 g, et tu es opérationnel pour les lieus. Je vois trop de pêcheurs se ruiner dans une canne de bar haut de gamme et pêcher la verticale avec, en se demandant pourquoi ils ne sentent rien. Commence par la bonne canne, pas par la plus chère. Et si tu veux aller plus loin dans l’animation, mon article sur les techniques pour animer un jig en mer complète parfaitement ce guide.
Quel moulinet et quelle ligne pour le jigging vertical ?
Sur une W2 Jigging ou une Tidal Spirit, un moulinet spinning en taille 5000 ou 6000 avec un frein de 8 à 12 kg réel est le bon format. Il doit encaisser l’eau salée et les remontées répétées, donc privilégie un modèle avec une bonne étanchéité. Pour la tresse, une PE 1.5 à 2 en 8 brins, de préférence multicolore avec des marques tous les 10 mètres pour savoir à quelle profondeur travaille ton jig, et un bas de ligne fluorocarbone de 40 à 50 centièmes sur 2 à 3 mètres. Pour les Powerstick en verticale légère, un 4000 ou un 5000 avec de la PE 1.2 à 1.5 suffit. Si tu veux comparer les moulinets mer qui tiennent ce programme, j’ai fait le tri dans mon guide sur le choix d’un moulinet pour la pêche en mer.
Et comme toujours, vérifie les tailles légales de capture et la réglementation en vigueur sur ta zone, notamment pour le bar dont les règles varient selon la façade et la période, et pour le lieu jaune qui a aussi sa taille minimale.
Questions fréquentes sur la canne de jigging vertical
Quelle longueur de canne pour le jigging vertical en mer ?
Entre 1,80 m et 2,10 m. Une canne courte s’anime sans fatigue, garde le jig dans l’axe et facilite le combat au bateau. La Westin W2 Jigging mesure 183 cm, la Five Evo Tidal Spirit 213 cm.
Quelle puissance de canne pour pêcher le lieu au jig ?
Pour le lieu jaune par 20 à 45 mètres en Manche et en Atlantique, une canne annoncée max 150 g, utilisée avec des jigs de 60 à 130 g, est le bon choix. Au-delà de 45 mètres ou dans du courant fort, passe sur une max 200 g.
Peut-on faire du jigging vertical avec une canne à bar ?
En verticale légère, avec des leurres souples de 30 à 60 g ou des jigs jusqu’à 80 g par faible profondeur, une canne à bar puissante comme la W2 Powerstick en 15 à 60 g fonctionne. Pour des jigs de 100 g et plus, une canne dédiée comme la W2 Jigging est indispensable.
Canne monobrin ou deux brins pour le jigging ?
Le monobrin transmet mieux et n’a pas de point faible à l’emmanchement, mais il ne se démonte pas. La W2 Jigging est monobrin en 183 cm. Les Powerstick et la Tidal Spirit sont en deux brins, plus faciles à transporter.
Quel moulinet pour une canne de jigging vertical ?
Un spinning en taille 5000 ou 6000, étanche, avec un frein de 8 à 12 kg, garni de tresse PE 1.5 à 2 multicolore et d’un bas de ligne fluorocarbone de 40 à 50 centièmes.