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Guide Materiel de pêche

Pêche à Madagascar : préparer un voyage à Nosy Be (saison, espèces, popping, jigging, matériel)

Guide complet pour préparer un voyage de pêche à Madagascar depuis Nosy Be : zones et saisons, carangues GT, thons et voiliers, popping, speed et slow jigging, et le matériel exact à emporter.

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Voyage de pêche à Madagascar, popping et jigging depuis Nosy Be

Madagascar, c’est l’endroit où une carangue de trente kilos surgit au milieu d’un banc de carangues bleues alors que tu pêchais tranquillement un petit stickbait sur une canne de 30 g. Trois secondes, terminé, et tu rentres au bateau avec une tresse coupée et un sourire idiot. C’est aussi l’endroit où une équipe de sept pêcheurs a compté plus de soixante-dix espèces différentes en six jours, dont une trentaine que tu n’as jamais prises de ta vie. Autant dire qu’un voyage de pêche là-bas ne se prépare pas comme un week-end à la côte.

Ce guide s’appuie sur un long entretien avec un ancien guide de pêche exotique devenu rédacteur en chef d’un magazine de voyages de pêche, qui fréquente la région depuis trente ans. Il se concentre volontairement sur la zone la plus accessible, le nord-ouest et Nosy Be, et il répond aux questions concrètes : quand partir, où pêcher, quelles espèces, quelles techniques et, surtout, quel matériel, parce que c’est là que la majorité des voyageurs se plantent. La vidéo est ci-dessous, et le guide détaillé juste après. Pour la logistique générale d’un séjour exotique, mon article sur la check-list pour préparer un voyage de pêche en mer complète celui-ci.

Sommaire
  1. Où pêcher à Madagascar : Nosy Be et ses archipels
  2. Quelle saison pour pêcher à Madagascar ?
  3. Les espèces : du récif au grand bleu
  4. Les techniques : une journée type et comment chaque pêche se pratique
  5. Le matériel : cinq cannes, une par technique
  6. Consommables et équipement personnel
  7. Les erreurs qui ruinent un voyage à Madagascar
  8. FAQ

Où pêcher à Madagascar : Nosy Be et ses archipels

Madagascar est plus grande que la France, avec des milliers de kilomètres de côtes à peine exploitées. Inutile de vouloir en faire le tour. La porte d’entrée la plus simple est Nosy Be, au nord-ouest, côté canal du Mozambique : première destination touristique du pays, avec un aéroport international qui t’évite de transiter par la capitale. Depuis là, les bateaux rayonnent sur environ deux cents kilomètres au nord et deux cents au sud, soit quatre à cinq cents kilomètres de côte fréquentés par une poignée d’embarcations. Lors d’une expédition récente de huit jours en catamaran, l’équipe n’a croisé aucun autre bateau de pêche.

Les abords immédiats de Nosy Be conviennent aux sorties en famille, mais pour la bonne pêche, il faut faire du chemin. Au nord, l’archipel des Mitsio, à une heure et demie ou deux heures de bateau rapide selon la mer, est sublime et quasi vierge, avec un camp de pêche installé sur la grande île. Plus au nord encore, le banc du Leven, puis la baie du Courrier et le cap d’Ambre, accessibles seulement en expédition catamaran d’une semaine. Au sud des Mitsio, les îles Radama, et plus loin, à cinq heures de bateau rapide, le camp de Narinda, le dernier accessible depuis Nosy Be, où les thons jaunes chassent parfois à portée de lancer du bord. Au-delà, vers le grand sud, c’est l’aventure, avec très peu d’organisation.

Deux formats de séjour existent. Le lodge fixe sur un archipel, avec sorties quotidiennes en bateau de neuf à dix mètres, radio et téléphone satellite pour les structures sérieuses. Ou l’expédition en catamaran : on dort à bord, petit-déjeuner à six heures, dans le bateau à six heures et demie, retour à dix-huit heures, avec un rayon d’action phénoménal. Dans les deux cas, prévois huit à dix jours de pêche, souvent complétés par trois ou quatre jours d’hôtel à Nosy Be pour la famille. Et n’oublie pas qu’à trois ou quatre heures de bateau de Nosy Be, il n’y a qu’un petit hôpital : un hameçon planté avec ardillon peut condamner le séjour de tout le groupe. Écrase tes ardillons.

Quelle saison pour pêcher à Madagascar ?

La grande saison multi-pêche court de la fin de l’hiver austral au cœur de l’été austral, soit la période la plus chaude de l’année. Au milieu de cette période tombe la saison des pluies, parfois appelée saison des cyclones. Elle fait peur, à tort pour cette côte : les cyclones viennent du cœur de l’océan Indien et frappent surtout la côte est, le canal du Mozambique est relativement protégé. Une équipe a subi deux jours de vent et de pluie, et repêchait le quatrième jour.

L’hiver austral, qui correspond à notre été, est plus venteux : le vent se lève l’après-midi, mais les matinées sont merveilleuses, les hôtels sont moins pleins et les camps restent ouverts. L’eau un peu plus fraîche en fait une bonne période pour les pélagiques et les voiliers. Le début de l’hiver austral est souvent cité comme la meilleure fenêtre pour les thons jaunes. Les carangues, les mérous, les jobfish et les carpes rouges, eux, sont là toute l’année. Dans tous les cas, prépare-toi à 35 degrés dès neuf heures du matin, en plein soleil sur le pont.

Les espèces : du récif au grand bleu

La force de cette destination, c’est la diversité, parce que l’eau est claire et profonde très vite : on passe en quelques minutes du récif côtier au grand bleu.

La carangue ignobilis, la GT, est le rêve de tous, mais elle est parfois « off ». Autour de Nosy Be, pas besoin de tresse de 130 lb ni de poppers de 300 g : une GT de 30 kg qui surgit au milieu de carangues bleues et de jobfish est la rencontre type, et les plus grosses, 50 kg et plus, se prennent à l’appât ou au jig par 80 m de fond. Il y a dix à douze espèces de carangues sur zone, et les carangues bleues sont quasi garanties en lançant un popper dans un banc de fusiliers.

Les thons jaunes de 10 à 20 kg chassent sous les oiseaux en bordure, et se prennent au matériel léger : ça dépote, et ça finit en sashimis au camp. Les bonites servent d’appât pour tout le reste. Le thon à dents de chien est le graal du speed jigging, un poisson de 30 à 40 kg étant déjà un beau spécimen ici. Le thazard coupe tout, doigts compris, et vole les jigs à la descente. Les barracudas dépassent 20 kg. Les voiliers sont présents du printemps austral à la fin de l’été austral, parfois à un quart d’heure de bateau, et un gros de 50 kg se combat en quinze à vingt minutes. Le marlin noir est nombreux aux Mitsio, souvent au-delà de 200 kg, parfois dans 15 m d’eau sur les récifs. Les mérous, sept à dix espèces, montent taper un popper en surface, et le mérou géant se tente à la grosse bonite. Enfin, la carpe rouge, cousine des carpes rouges africaines, 15 kg au maximum, a une puissance démoniaque et plonge dans le premier trou dès qu’elle est piquée.

Les techniques : une journée type et comment chaque pêche se pratique

Tous les camps de la région sont multi-pêche, aucun n’est spécialiste GT, et la journée type le reflète. Le guide part le matin sur les chasses d’oiseaux pour prendre des bonites, avec les thons jaunes en prime. Puis jig sur les récifs, avec un appât mort dérivant à l’arrière pendant qu’on jigue. Lancer lourd sur les hauts-fonds. Et traîne si les voiliers sont là. Première chose au camp : on déballe tout ton matériel sur la table, et le guide adapte le programme à ce qu’il voit.

Le lancer léger sous les chasses se joue en un ou deux lancers par passage : il faut lancer vite, droit et loin, même face au vent, avec des petits leurres lestés de 7 à 9 cm. Les chasses durent une demi-heure à une heure. La même canne sert à réveiller le récif avec de petits stickbaits quand les gros poppers ne donnent rien.

Le lancer lourd se pratique sur des fonds inférieurs à 30 m, 50 m au maximum. Popper quand tu vois un banc de fusiliers, cette tache en surface avec un frémissement blanc : bruit et attaque. Stickbait coulant quand la surface ne donne rien, parce qu’il est plus discret. Oublie les poissons nageurs, un stickbait coulant fait le même travail en mieux. Et oublie les petits poppers de 14 ou 15 cm : 17 à 18 cm minimum. Le combat d’une GT ou d’une carpe rouge est un combat de rue, celui qui frappe le premier a gagné : dès que le poisson ralentit, tu pompes sans lui laisser reprendre son souffle, jambes écartées, centre de gravité bas. Un combat long condamne le poisson.

Le speed jigging se pratique de 60 à 120 m : jig au fond, remontée lente les premiers mètres pour les mérous, puis vitesse maximale pour les dents de chien. C’est très physique, tu ne tiens pas la journée à 250 g sous 35 degrés. Le slow jigging a pris le dessus, presque trop efficace : un jig plat en forme de feuille qui zigzague à la descente, remonté par petits coups, stops et relâchés, la majorité des attaques se produisant au relâché. C’est le meilleur endroit du monde pour découvrir cette technique, et c’est moins fatigant. Pour les gestes de base, mon article sur les techniques pour animer un jig en mer te mettra le pied à l’étrier. La traîne, enfin, souvent critiquée, reste la seule façon de prendre le voilier quand il est là, avec un ventre de bonite ou un petit kit de leurres à jupe.

Le matériel : cinq cannes, une par technique

C’est le point où le voyage se gagne ou se perd. Règle numéro un : cinq cannes minimum, une par technique. Avec deux cannes, tu es fichu si l’une casse le premier jour. Règle numéro deux : le milieu de gamme ne tient pas. Cannes sérieuses, tresse neuve sur tous les moulinets, bas de ligne et hameçons neufs. Les camps ne fournissent pas tout, ça serait ruineux ; certains ont un stock à louer, à vérifier avant, et les leurres sont vendus sur place à prix de bout du monde. Ne pas économiser sur le matériel, c’est le message central.

Canne 1 : le lancer léger pour les chasses

Une canne de 2,50 à 2,60 m, puissance 30 à 100 g, assez longue pour lancer loin et vite, un moulinet de taille 8000 à 10000 garni de tresse 50 lb (PE3), et un bas de ligne de 60 à 80 lb. Un PENN Spinfisher VII en 8500 est exactement le moulinet de ce poste : étanche, frein puissant, prix raisonnable. Côté leurres, une cuillère lourde qui part loin face au vent, des casting jigs, de petits stickbaits lestés de 7 à 9 cm, et un petit popper uniquement dans les chasses.

Canne 2 : le popping et le stickbait à tout faire

Une canne de 2,30 à 2,50 m, puissance 200 à 250 g, avec un moulinet taille 14000, la taille passe-partout quel que soit ton gabarit. La Shimano Ocea Plugger Flex Drive est la référence du lancer lourd, et pour le voyageur qui veut une canne multibrins sans compromis, la PENN Overseas XT II Popping tient dans la soute. Le moulinet, c’est le Shimano Stella SW ou le Daiwa Saltiga : récupération rapide, 400 m de tresse 80 lb, frein de 25 kg. Tresse 80 lb (PE5), bas de ligne fluorocarbone 200 lb de 1 à 1,20 m, et nœud PR ou FG obligatoire, parce qu’un émerillon de jonction casse l’anneau de tête au lancer.

Moulinet Shimano Stella SW pour le popping à Madagascar

Les leurres font 100 à 160 g. Le Halco Roosta Pop 160 est le classique indémodable, le Rapala X-Rap Magnum Xplode 17 cm est très costaud et se trouve partout, le Feed Popper 175 complète la boîte, et un popper taillé pour la GT pope fort sans technique. Le coloris des poppers n’a aucune importance, c’est l’animation et le bruit qui comptent. Pour les stickbaits coulants, le Tackle House Britt 145 coulant est mortel partout dans l’océan Indien, en coloris fusilier, rose ou blanc. Remplace les triples d’origine par des hameçons prévus pour la GT, type Decoy YS23, montés sur des anneaux brisés de 200 à 250 lb. Et jamais d’agrafe : une GT la mordille et elle s’ouvre.

Stickbait coulant Tackle House Britt 145 pour la carangue

Canne 3 : le speed jigging

Une canne courte de 1,60 à 1,80 m, jusqu’à 300 g, comme la Shimano Grappler Type J ou, en version voyage, la PENN Overseas XT II Jigging. Moulinet 10000, tresse 60 à 65 lb (PE4) pour garder la ligne la plus verticale possible, bas de ligne fluoro 100 à 130 lb sur 5 à 6 m. Les jigs sont trapus, 150 g minimum, 200 g le bon grammage, 250 à 300 g si c’est profond ou s’il y a du courant, montés d’un assist unique costaud comme l’Owner SJ-41. Cette canne sert aussi à la traîne et à l’appât.

Canne 4 : le slow jigging

Une canne fine comme un roseau, autour de 7 pieds, qui accepte 300 g, avec un petit moulinet casting comme le Daiwa Saltiga 15, de la tresse 50 lb maximum et un bas de ligne de 60 à 80 lb. La Shimano Grappler Type SJ est pensée pour ça. On ne pompe pas, on travaille au frein. Les jigs feuille de 150 g sur 50 à 60 m, 180 à 250 g le reste du temps : un Sakura Locolong 200 g ou un Orion Jig 200 g sont des bases abordables, montés d’assists fins en tandem. Prévois une trentaine de jigs pour un séjour axé jig, en diversifiant les grammages plutôt que les références : on en perd facilement dix à quinze.

Canne 5 : le gros appât

La canne spinning la plus puissante possible, tresse 150 à 180 lb, montage sur câble, souvent gérée par le marin. Une bonite entière dérive 30 à 40 m derrière le bateau pendant que tu jigues, et c’est ainsi que se prennent les plus gros barracudas, thazards, requins et parfois une GT entre deux eaux.

Consommables et équipement personnel

Tresse neuve partout, plus une ou deux bobines de 500 m pour le groupe : une tresse YGK X-Braid ou une Daiwa Saltiga 12 Braid sont du niveau requis. Du fluorocarbone Seaguar Big Game en 200 lb pour les bas de ligne popping, des bobines de 30 à 50 m pour le jig, un stock d’anneaux brisés et cinq ou six hameçons de rechange pour dix leurres GT. Un kit de leurres à jupe pour le voilier ne pèse rien, ne coûte rien et prend du poisson.

Pince à anneaux brisés HPA, indispensable à la ceinture

Deux pinces à anneaux brisés très costaudes, toujours à la ceinture et jamais dans le sac : c’est une question de sécurité pour décrocher vite un thazard ou libérer un hameçon planté. Un petit baudrier avec encoche pour le talon soulage les lombaires sur les gros poppers, même si beaucoup pêchent en bermuda sans. Des chaussures de pont qui accrochent, et surtout pas de sabots qui glissent. Des gants pour tester le frein, parce que quand tu as du frein, tu ne tiens pas la tresse entre deux doigts : trois ou quatre tours autour de la main gantée, et tu tires. Pour choisir ta canne de lancer lourd en détail, mon guide pour choisir une canne pour le thon aborde les puissances et les longueurs, et pour la question des moulinets, l’article sur le meilleur moulinet pour le thon compare les tailles.

Les erreurs qui ruinent un voyage à Madagascar

Venir sous-équipé ou avec du matériel moyen, et vivre le carnage. Vouloir ne faire que du popper, alors que la multi-pêche fait le séjour. Attacher le leurre à une agrafe, ignorer le nœud FG, garder les ardillons. Croire que les hameçons simples sont sans danger pour le pêcheur : légers, ils se baladent au décrochage, et les accidents sont nombreux. Pêcher les pieds parallèles pendant un combat, et partir à l’eau. Prendre une canne à thon de Méditerranée, trop souple, pour la GT. Et négliger la préparation physique, alors qu’un Italien de 78 ans qui court une heure sur la plage chaque matin enchaîne plus de cent poissons par jour au slow jig.

Un dernier point : le catch and release, inconnu là-bas il y a trente ans, est désormais la norme dans les camps sérieux. On ne tue pas une GT. On garde un petit mérou pour le repas, on relâche le reste, et on fait des paliers avec un poids pour les poissons remontés de grands fonds. Vérifie aussi la réglementation locale et celle de ton opérateur avant de partir, les règles de prélèvement et de pêche dans les aires protégées évoluent.

FAQ

Quelle est la meilleure période pour pêcher à Madagascar ?

La grande saison multi-pêche correspond à la période chaude, de la fin de l’hiver austral à l’été austral. La saison des pluies au cœur de cette période est peu pénalisante sur la côte nord-ouest, protégée des cyclones. L’hiver austral est plus venteux l’après-midi mais excellent pour les voiliers et les pélagiques.

Combien de cannes emporter pour un voyage de pêche à Madagascar ?

Cinq au minimum, une par technique : lancer léger pour les chasses, popping et stickbait, speed jigging, slow jigging en casting, et une canne à gros appât. Avec deux cannes, une casse le premier jour et le séjour est compromis.

Quel moulinet et quelle tresse pour la carangue GT à Nosy Be ?

Un moulinet de taille 14000 avec 400 m de tresse 80 lb, un frein de 25 kg, un bas de ligne fluorocarbone de 200 lb sur 1 à 1,20 m, et un nœud PR ou FG. Pas besoin de 130 lb ni de poppers de 300 g dans cette zone.

Quels poppers et stickbaits pour Madagascar ?

Des modèles de 17 à 18 cm minimum et de 100 à 160 g, type Roosta Pop, X-Rap Magnum Xplode ou Feed Popper, et un stickbait coulant comme le Britt 145 en coloris fusilier ou rose. Le coloris des poppers est secondaire, le bruit et l’animation font tout.

Quels jigs et quels grammages emporter ?

Pour le speed jigging, des jigs trapus de 150 à 300 g, 200 g étant le bon grammage. Pour le slow jigging, des jigs feuille de 150 à 250 g. Prévois une trentaine de jigs en variant les grammages plutôt que les modèles, car on en perd beaucoup.

Peut-on partir en famille à Nosy Be ?

Oui, l’île offre hôtels, plongée et activités, et les enfants peuvent pêcher à partir de dix ou douze ans. Pour une mission pêche pure, il faut partir en lodge d’archipel ou en expédition catamaran, loin des abords de l’île.